Olivia Gay : Vers l’âge de 6 ans, je suivais la classe d’éveil musical où j’ai découvert le violoncelle. Je me souviens d’une audition des élèves de la classe de violoncelle où j’ai entendu quelqu’un jouer « Le Cygne » de Saint-Saëns. Je me suis dit : « ça, je veux le jouer ». Et je l’ai en effet joué très rapidement dans mes débuts de violoncelle. J’ai ainsi commencé mes études musicales en Franche-Comté où je suis née, puis à Strasbourg avec le violoncelliste Marc Coppey que j’ai suivi à Paris. J’ai choisi par la suite d’étudier avec le violoncelliste J.G Queyras en Allemagne. J’ai achevé mes études par une Classe de Soliste à Cologne auprès du violoncelliste J. Moser. Bien que lauréate de quelques concours internationaux, j’ai rapidement préféré me tourner vers une voie plus personnelle et ainsi sont parus en 2018 et 2019 mes deux premiers disques.
Dalia Kuznecovaitė : Pour ma part, dès toute petite, j’ai été entourée par la musique. Ma mère, elle aussi violoniste, m’a emmenée très tôt aux répétitions de l’orchestre de chambre national lituanien, où elle jouait elle-même. Mon père, quant à lui, était un célèbre corniste russe. La musique est donc entrée très tôt et naturellement dans ma vie, comme une seconde langue. Dès l’âge de quatre ans, j’ai commencé à suivre des cours de violon, et à six ans je jouais déjà avec l’orchestre de chambre de la Philharmonie Nationale de Lituanie.
Dalia Kuznecovaitė : Il s’agit de « Passacaglia » de Georg Friedrich Händel, Suite No. 7 en Sol mineur, selon une transcription de Johann Halvorsen. Ce morceau frappe par son expressivité, sa virtuosité et possède en même temps une noblesse baroque parfaite.
Olivia Gay : Lorsque Lazard Frères Gestion m’a proposé d’enregistrer quelque chose avec Dalia, la Passacaglia s’est en effet imposée immédiatement dans l’esprit de chacun. C’est une pièce très populaire du répertoire pour violon et violoncelle, très souvent usitée en bis de concert. C’est une pièce expressive et virtuose, plaisante à jouer comme à écouter.
Olivia Gay : Lazard Frères Gestion me parlait depuis quelques temps de ce projet de vidéo et m’a un jour proposé ce duo avec Dalia. C’est donc avec plaisir que nous avons relevé ce petit challenge ensemble, car enregistrer à distance n’est jamais simple. En ces temps de désert musical, cela fait du bien de jouer avec d’autres musiciens, même à distance !
Dalia Kuznecovaitė : Nous avons ainsi pu enregistrer cette vidéo malgré la distance de 2000 km qui nous sépare. La pandémie qui a frappé le monde est particulièrement douloureuse pour les musiciens, car un silence assourdissant s’est installé depuis déjà trop longtemps dans les salles de concert. Cependant, ce projet a prouvé que même les plus grandes difficultés peuvent être transformées en opportunités aussi nouvelles qu’inattendues.