À l’image des marchés actions, la dispersion a été forte sur les marchés obligataires. Le taux à dix ans de l’Etat allemand a augmenté de 37 points de base au premier trimestre, à la suite de l’annonce du plan de relance allemand, tandis que le taux à dix ans du Trésor américain a baissé de 36 points de base, en raison des craintes sur la croissance. Cela s’est traduit par un rebond de l’euro de +4,5% face au dollar.
Au niveau des banques centrales, la Fed a maintenu son taux directeur à 4,25% – 4,50%, la diminution de ses prévisions de croissance s’équilibrant avec une révision à la hausse de ses prévisions d’inflation. En Europe, les bonnes nouvelles sur l’inflation ont permis à la BCE de baisser ses taux à deux reprises, portant le taux de dépôt à 2,50%.
Suite aux élections de novembre dernier, nous nous interrogions sur les ruptures que la nouvelle administration américaine semblait déterminée à opérer par rapport à l’ordre économique des quarante dernières années. Les annonces récentes confirment une approche très tranchée. En matière de politique commerciale, l’approche choisie est pour le moins maximaliste.
Même si Donald Trump a opéré un revirement spectaculaire sur les droits de douane réciproques, le taux de base de 10% pour tous les pays a été maintenu. De même, les taux sur l’acier, l’aluminium et les voitures ont été maintenus à 25%. Des annonces sur les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs doivent encore être faites.
Quant à l’augmentation des droits de douanes sur la Chine à 145%, elle constitue un cran supplémentaire dans la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies du monde. Le recul de Donald Trump vis-à-vis des autres pays rendra sans doute une désescalade avec la Chine d’autant plus compliquée.
Toutes choses égales par ailleurs, le taux moyen sur les importations américaines augmentera à près de 30%, contre près de 2% auparavant, un niveau inédit depuis le début du vingtième siècle. Une augmentation de cette ampleur représente un montant d’environ 1000 milliards de dollars sur une base annuelle, soit environ 3% du PIB. Il s’agit donc d’un choc fiscal très important à absorber. Le taux moyen pourrait diminuer si les importations chinoises venaient à devenir négligeables, mais l’arrêt brutal d’environ 450 milliards de dollars d’importations américaines risque d’entraîner de fortes perturbations dans les chaînes de production.
Cette situation aura un impact notable sur l’économie américaine. L’incertitude va continuer de peser sur l’investissement. Les achats anticipés pour se prémunir contre l’augmentation des droits de douane pourraient créer un effet de décompression par la suite. Par ailleurs, le DOGE devrait provoquer des baisses d’emplois qui se chiffrent en centaines de milliers au niveau fédéral.
Les vents contraires nous semblent donc importants pour l’économie américaine. En l’état des choses, il faut s’attendre à un net ralentissement de la croissance américaine au cours des prochains mois.
L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 28 avril 2025 et est susceptible de changer.
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